Le Marcheur de l’oubli

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Le Marcheur de l’oubli

L’eau ne coule plus

dans la source du bas

et j’ai peur de ne plus

jamais la voir revenir.

Les éléments ont inversé le cours des choses

en haut de la montagne tout en haut

entre les rochers

érodés roulés d’absence

le ruisseau est revenu.

Il a rempli son lit

           de cailloux

asséché depuis tant d’années

Où va-t-elle ?

Où s’en va-t-elle

l’eau soudain réanimée

et le temps des choses révolues

s’éveille-t-il d’un vieux cauchemar

comme si l’envers incohérent

avait tari un instant le désespoir

de ce passage de l’eau claire qui descend mais se perd

           n’arrive pas.

           Il ne reste rien.

Alors j’ai saisi un

roseau plein de sève caduque

accroupi, je bats le sol tout doucement

en appelant la pluie.